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« Penser l’humain » : une part africaine?

By 20 avril 2017Article

En reprenant ici quelques extraits de l’ouvrage du Pr. Abdoulaye Elimane Kane, à savoir Penser l’humain. La part africaine, Paris, l’Harmattan, 2015, nous voulons signifier la trajectoire et quelques intuitions sur la signification que peut prendre le projet philosophique qui veut prendre appui sur l’Homme africain pour signifier l’Homme.

La problématique générale du Pr. Kane semble bien s’enraciner dans la question centrale qu’il (se) pose : « quelles sont les formes et les moyens par lesquels l’Afrique a contribué à l’expression de l’humain dans ses différents aspects que sont les modes d’appréhension du monde et d’interprétation du sens de l’existence ; les formes de rationalité, et les manifestations de la créativité en vue de construire un monde viable ? » p. 9.

Pour ce faire : la « “part africaine” est une formulation qui nous ramène aux multiples variations sur le thème du rapport entre l’universel et Ie particulier. Nous sommes une seule et même espèce humaine mais nous avons, parfois, les mêmes manières différentes, de la manifester, de la vivre, de l’illustrer, de la promouvoir (…) cette unité et cette diversité sont dans des rapports semblables à ceux qui lient le signifié au signifiant : les diverses expressions de l’humain sont les signifiants d’un même signifié l’homme » p. 10.

Quels sont donc les divers rapports de l’homme au monde de manière générale ? Comment pourraient se comprendre les processus par lesquels l’Homme se situe par rapport au réel ? Quelles sont les expressions de cette quête ?

D’abord « – à la terre : d’où l’analyse des représentations d’un espace-temps qualificatif et correct », p. 11.

Ensuite « – à l’ordre et au désordre : l’homme seul responsable du désordre dans le monde ; parce que celui-ci se dégrade – que l’homme en soit directement la cause ou non – le rituel de “réfection” du monde constitue l’un des actes symboliques les plus significatifs de la prise de conscience de cette responsabilité ; réparer, rétablir l’ordre concerne aussi bien l’essence du pouvoir politique que la signification du nombre et globalement des rapports de l’homme à la nature ; » p. 11

Enfin « – au sacré : qui allie ontologie de l’immanence et vitalisme dans des religions de terroirs porteuses d’une conception de l’universel caractérisée par son absence d’intention hégémonique » p. 11.

La perspective qui s’offre alors à l’Homme dans ce triple rapport au réel est finalement de donner sens à sa quête même de tout sens. Et si cette quête ne visait que lui, l’Homme, signifié par excellence, ce d’autant plus que c’est lui-même qui questionne son rapport à ce-qui-est, et c’est encore lui-même qui en croyant donner sens aux choses ne fait que chercher et peut-être trouver le sens à son existence.

« En définitive (…) si donner un sens à l’existence est le propre de l’homme, et si l’intuition et la tradition des effets de sens engendrés par l’activité humaine constituent la mission que la philosophie s’est assignée, la tendance qui se manifeste à travers les savoirs et pratiques traditionnels africains (…) ne peut manquer d’intéresser le philosophe ; elle traduit le privilège – sans doute exorbitant – accordé à l’homme comme signifié ultime de toute chose, au détriment d’autres formes de la connaissance vouées à comprendre le monde pour le transformer » p. 12.

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